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Pollution, ça carbone ! Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Dimanche, 19 Octobre 2008 19:13

Toujours à l'affut de ce qui se cache derrière la surface des choses, apocalypse.cc s'est pris d'affection pour un sujet qui fait paniquer certains, stresser d'autres, réjouir quelques opportunistes, déprimer les réalistes mais fait unanimement parler de lui : La Pollution !

Le 21e siècle qui devrait être le siècle de notre grandeur sera-t-il celui de notre perte ? L'oiseau noir de la pollution plane sur notre monde, et partout on s'inquiète. Les scientifiques sont pendus aux cordes des systèmes d'alarme bref, c'est une panique tranquille. Mais avant d'avaler ce qu'on nous donne à manger, examinons un peu le contenu de notre assiette.

La Pollution c'est quoi ?

Si l'on croit la définition de l'OCDE de 1974 que nous pouvons trouver sur wikipedia la pollution est définit comme suis :

"La pollution est l'introduction (substances chimiques, substances génétiques ou énergie sous forme de bruit, de chaleur, de lumière ou de rayonnement radioactif ) dans l'environnement à un point que ses effets deviennent nuisibles à la santé humaine, à celle d'autres organismes vivants, à l'environnement ou au climat."

C'est ce que nous pouvons actuellement constater un peu partout. Pourtant, cette définition est peu connue. Effectivement, la population assimile ce qu'on veut lui faire assimiler comme étant de la pollution. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que la notion de pollution est dépendante d'un effet de seuil. Par exemple, faire tomber une goutte d'huile dans la mer n'est pas problématique puisque cette goutte va être "absorbée" par la dynamique naturelle, recyclée en quelque sorte. La Terre elle-même déverse continuellement différents composés chimiques dans l'eau de mer comme le souffre des cheminées océaniques ou encore les gaz piégés dans les sédiments.

Cela dit, lorsqu'on déverse l'équivalent d'un pétrolier dans la mer le problème est autrement plus sérieux. La nature va évidemment pouvoir recycler l'élément étranger, mais sur une période beaucoup plus longue sans compter le pic instantané de nuisance dans l'espace et dans le temps.

La notion de pollution devient plus évidente dans ce cas, sans pour autant être irrémédiable. L'élasticité naturelle permet d'absorber un certain nombre d'erreurs et d'accidents. Actuellement, sur plusieurs terrains, la nature est de moins en moins capable de faire circuler les doses d'éléments chimiques, de les absorber en les intégrant de façon harmonieuse dans son équilibre biodynamique. C'est par exemple le cas du carbone aujourd'hui, hier des pesticides, et avant-hier des FCF. Le carbone fait parti des éléments constitutifs de la matière organique, au même titre que l'hydrogène, l'eau, et l'oxygène, le carbone est garant de la vie sur notre planète. Les plantes transforment ce carbone lors de la photosynthèse et l'assimilent.

Le carbone n'a donc rien d'un candidat à la pollution de prime abord.

D'innocent à coupable

Mais alors qu'est-ce qui fait de ce carbone un élément coupable s’il est innocent ?

Réponse : sa présence en trop grande quantité !

Comme nous l'avons vu plus haut le carbone n'as rien d'un polluant tant qu'on le laisse vivre son petit bonhomme de chemin. Mais avec l'industrialisation, les produits pétroliers, la civilisation humaine à relâché plus de carbone que ce que la nature pouvait recycler. Le carbone est devenu polluant. Voici un petit graphique illustrant une situation normale pour nous éclairer :

Recyclage planète
Gestion normale de nos déchets

Si nous produisons 50 tonnes de carbone mais que la planète a la capacité de recycler 100 tonnes alors nous sommes dans le cycle naturel des choses. La plupart des organismes vivants suivent ce principe d'instinct ou sont contraints de le faire par la pression sélective (ce qui est notre cas ! ). Par exemple, les excréments des animaux sauvages sont recyclés facilement, de même que leurs cadavres. Même chose pour les plantes, et il en était de même pour les humains jusqu'à il n'y a pas si longtemps.

Mais les choses ont changé et depuis nous sommes dans le type de schéma suivant :

pollution
Cycle de pollution 

Nous produisons par exemple 150 tonnes, mais la planète ne peut en recycler que 100 ! Il reste alors 50 tonnes qui ne sont pas absorbées par la planète et restent en suspension dans l'atmosphère. Dans le principe, ces éléments trouvent naturellement leurs places. Le carbone se sent sûrement très bien là où il est. Disons que c'est nous que sa place n'arrange pas. En effet, la planète va réguler son activité climatique jusqu'à la stabilisation d'une certaine forme de dynamique.

Le carbone va emprisonner les rayons solaires, faire augmenter la température, et le système planétaire va se mettre en branle pour trouver un nouvel équilibre thermodynamique. Pas de problème pour lui, c'est pour nous que cela pose un problème puisqu'on ne sait pas qu'elle sera la place de l'être humain dans ce nouvel équilibre... s’il y en a une !

Du coup, l'humanité souhaite trouver des solutions.

Étrangement, on insiste sur la réduction de la consommation d'énergie et le changement de méthodes de production, mais d'un autre côté on cherche toujours à vendre plus de produits puisque la dynamique économique en dépend !? Nous y reviendrons plus tard.

En attendant, hormis les systèmes de bourse du carbone voici ce qui est proposé :

récupération
Tentative superficielle de récupération

Nos 50 tonnes de carbone en trop, nous allons les récupérer, les valoriser, et les réutiliser en même temps que nous essaierons de réduire nos émissions tout en produisant toujours plus pour garantir notre équilibre économique. Par exemple, on vous demandera d'économiser l'électricité en éteignant vos lumières tout en laissant les enseignes publicitaires de bord d'autoroute illuminées par 4 ou 5 projecteurs de 150 watts chacun. Nous y reviendrons plus tard... promis !

Mais revenons à nos moutons (clonés) et observons un peu la situation. Pour pouvoir récupérer le carbone en trop il va nous falloir de l'énergie. En effet, sur les cheminées d'usine par exemple les poussières peuvent être peut-être récupérées par ionisation, filtrage, ou d'autres procédés chimique qui demande tous de l'énergie que ce soit pour le traitement primaire, ou secondaire. D'où un gros apport créatif demandé aux scientifiques qui eux aussi demanderont de l'énergie pour leurs travaux. Voici un schéma pour mieux comprendre :

Cercle vicieux
Surenchère des solutions, cercle vicieux

Bref, l'idée pour l'instant consiste à ajouter, ajouter, ajouter des solutions, ajouter des acteurs, ajouter des idées pour faire tenir un système tel qu'il est contre vent et marais. Maintenir ce système demande de plus en plus d'énergie (que nous avons de moins en moins !) alors qu'en l'adaptant de manière optimale aux conditions thermodynamiques qui nous sont imposées par la nature il serait possible à l'humanité de vivre avec un maximum de confort.

Des solutions de polichinelle

Outre notre système de récupération du carbone, on voit poindre un certain nombre de solutions. La pression concerne d'abord le secteur de l'automobile. L'idée est de changer l'essence ou le diesel pour un carburant dit "propre ".

L'éthanol et les agrocarburants

Nous avons donc vu poindre l'éthanol qui précipita une partie du monde dans un désastre humanitaire puisque les cultures servant à nourrir les gens ont servi à nourrir... les voitures ! La demande en pétrole pour le transport étant un gouffre sans fin, on imagine aisément le surtraitément des sols pour subvenir aux besoins mondiaux en éthanol. Qui plus est, c'est une porte ouverte à la mise en place massive des OGMs (organismes génétiquement modifiés). Rappelons à ce sujet que la culture de ces champs demande aussi de l'énergie sous diverses formes dont l'une d'entre elles est l'essence permettant de faire avancer le tracteur ! Ajoutons à cela les produits chimiques utilisés pour booster les récoltes et l'on ne peut que froncer les sourcils en considérant la solution des agrocarburants.

L'Hydrogène

Eureka ! "Demain, nous vous ferons rouler à l'hydrogène " nous assène les différentes marques de voitures. La course à l'hydrogène est lancée, que le meilleur gagne !

bmw à hydrogène
Illustration © Groupe BMW

L'Hydrogène émet effectivement une pollution zéro dans le sens où sa réaction ne produit que de l'eau, ce qui est un plus indéniable par rapport aux émissions dérivées des carburants actuels. En général, l'explication s'arrête ici. Mais il faut savoir que produire l'hydrogène à partir de l'eau consomme actuellement énormément d'énergie (électrique en cas d'électrolyse sinon de platine pour la version chimique). D'où va donc venir cette énergie ? On sait déjà qu'il n'y a pas assez de platine sur terre pour produire des piles à hydrogène pour tous.

Les questions de fond n'étant toujours pas traitées, on peut facilement imaginer que l'énergie électrique servant à produire l'hydrogène qui, rappelons le, n'est qu'un VECTEUR énergétique provient en large parti de ressource non "renouvelables ". Qui plus est, l'utilisation de l'hydrogène pour le transport va faire exploser la demande en électricité. Du coup plus de centrales soit nucléaires, soit thermiques (charbon, pétrole, bois ?), soit à énergie "renouvelable" encore minoritaire.

Du coup le slogan "BMW Clean Energy" est à prendre avec des pincettes. En fait, on ne fait que reculer le problème, mettre en valeur une notion-écran faisant oublier "d'où viennent les choses ". Le même procédé est utilisé avec l'industrie de la viande où l'on nous met devant les yeux de belles images, de jolis veaux, en faisant complètement oublier qu'entre ce joli veau et votre assiette il y a la Mort, l'abattage, l'équarrissage, la mise en morceau, après un élevage en batterie et une nourriture digne du film de science-fiction "Soleil Vert".

Bref, les constructeurs automobiles préparent une esquive magistrale auprès du grand public relayant le problème de la pollution aux entreprises productrices d'énergie.

Changer les ampoules !

Actuellement, après un démarrage difficile, l'ampoule basse consommation tend à s'imposer sur le marché. Nous étions dubitatifs sur l'utilité d'une lampe contenant du mercure et considérée comme déchet dangereux en fin de vie. Mais il semble que le jeu en vaille la chandelle. Nous vous proposons une lecture du dossier de arehn.asso.fr pour tirer vos propres conclusions. 

Eteins ton ampoule .. que j'allume la mienne ! 

Cela dit, il est incompréhensible qu'on demande aux gens de faire des économies d'énergie alors qu'en se promenant le long des autoroutes des centaines de panneaux publicitaires consomment des milliers de kWh pour justement nous inciter à consommer et donc produire plut. C'est comme si l'on nous forçait à nous gaver pour ensuite se faire houspiller parce que nous sommes trop gros ! Quelque chose ne fonctionne pas quelque part. Que penser des immenses parcs industriels éclairés la nuit ? Des milliers de kWh qu'engouffrent les ampoules de Las Vegas, des 29,5 millions de litres d'eau consommée par Céline Dion (source).

Il est nécessaire que chacun fasse un effort, mais la motivation relève de la foie lorsque l'économie qu'une personne permet de faire en changeant ses ampoules, en devenant végétarienne, en utilisant moins sa voiture permet à d'autres de consommer encore plus. L'inégalité devient flagrante et mine l'élan de ceux qui agissent effectivement à leur niveau.

La pollution devient un tel enjeu de culpabilité qu'il devient presque indécent d'émettre du CO2 en respirant ! Pourtant, même si le citoyen possède sa part de responsabilité et donc d'action, il ne faut pas oublier que le rapport Meadows commandé par le Club de Rome en 1972 avait déjà prévu les problèmes actuels. C'était il y a 36 ans ! Les industriels n'ont pas suivi, les politiques non plus. Aujourd'hui, c'est au consommateur de payer la note alors que c'est une mode de leur cacher les informations essentielles à l'achat des produits comblant pour une part des besoins créés de toutes pièces par les services marketing des différents groupes.

Si nous devons retenir quelque chose de ce type de crise, c'est la nécessité pour nous, citoyens et citoyennes d'agir en connaissance de cause face à ce que nous consommons.

Le système utilisé dans différentes filières d'approvisionnement de produit, qu'ils soient financiers, matériels, ou alimentaires, consiste chaque fois à vous cacher l'origine de ce que vous acheter de manière à ce que mentalement vous déconnectiez votre viande sous cellophane du boeuf que vous voyez à la TV, que vous déconnectiez l'hydrogène de la voiture à la centrale qui devra s'approvisionner en carburant pour vous le fournir, que vous déconnectiez les intérêts que procure votre argent de la manière dont ils sont générés (spéculation sur toutes sortes de choses y compris la nourriture et l'énergie.).

Bref, éviter que vous soyez capable de faire le rapport, de comprendre comment la matière brute devient ce que vous tenez actuellement entre les mains et ceci pour vous déresponsabiliser et vous éviter de faire des choix cornéliens. Pourtant, c'est un mauvais calcul puisqu'au final, c'est encore vous qui allez payer les pots cassés. Pendant que vous direz "Nous ne savions pas ", eux penseront "Nous vous l'avons caché ". Mais au final, c'est vous qui le paierez au mieux avec une taxe sur la pollution, au pire, avec un cancer.

Les bourses du carbone, l'hydrogène, la diminution de la consommation ne font que faire gagner du temps, faire reculer un problème de fond, nous le soustraire des yeux, mettre de la pommade là où ça fait mal. Il existe des problèmes de fond que personne ne traite parce que nous sommes consciemment encore loin de pouvoir les admettre. L'industrie de la viande par exemple qui reste un carnage planétaire innommable tendrait à nous faire tous devenir végétariens pour un gain significatif en humanité ce qui permettrait, outre l'abolition de la souffrance, de nourrir la totalité de l'humanité actuelle sans surproduction !!! Le problème de la population devrait retenir notre attention. Il est inutile de préciser qu'il est actuellement impossible de donner à la totalité de la population mondiale un niveau de vie équivalent aux pays occidentaux.

Donner à manger à tous est chose possible actuellement, nous en aurions les moyens, mais demain, si la population continue d'augmenter, même ces moyens là disparaîtront. Il est nécessaire de porter attention à ce problème de manière calme, sincère, et sereine. L'humanité doit se prendre en main dans le fond, et non sur la forme. Les problèmes de fond sont finalement peu nombreux et faciles à corriger dans le principe. Malheureusement, ce principe se heurte à nos croyances, à nos peurs, et à notre propre inertie de pensée. Demain, le simple fait d'exister deviendra polluant du fait que la planète imposera une tolérance zéro en matière de recyclage. Les derniers éléments polluant pour la planète deviendront les êtres vivants, comme le carbone est devenu indésirable, ce sera notre tour.

Pourtant, si ce n'est pas nous qui nous prenons en charge, une autre le fera que nous le voulions... ou non !

 

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